Catherine Perrier

Création unique “La mère et l’enfant” 5 – Catherine Perrier

350,00

1 en stock

Création unique 30 x 49 cm

2013

Mis en scène par collage
Photographies de paysage – photos d’enfants et d’adultes première moitié du XX eme – transparents.

L’immensité intime

« En ayant un demi-centimètre de quelque chose, vous avez plus de chance de tenir un certain sentiment de l’univers que si vous avez la prétention de faire le ciel entier. » Alberto Giacometti

Ma démarche se présente sous formes sérielles de petits formats ( chaque série est un roman, chaque tableau est une page ) et présente aussi parfois des images presque miniatures amenant le spectateur à rentrer dans l’oeuvre, tout comme Alice traversant le miroir. C’est en creusant dans l’intime qu’il élargit son champ de liberté.
Pour ouvrir cette sphère, c’est le réel que j’interroge.
Et mon réel est matérialisé par les images qui nous entourent. Je me suis donc faite glaneuse, guetteuse, voleuse, joueuse… d’images.
Images rêvées, prises, volées, ramassées, cueillies, agencées comme le fait un écrivain avec les mots. Je deviens alors écrivain d’images.
Des images qui glissent, se tissent, se choquent, s’entrechoquent juste assez pour que la question et l’émotion se posent.
Pour que ce que l’on croit perdu se reconstruise dans un mouvement perpétuel par nos pensées et nos regards croisés dans des mises en scène où l’ombre et la lumière sont à la fois des révélateurs et des perturbateurs de sens.
L’ombre agit comme évidence et questionnement du double.
En utilisant des images déjà existantes, je redonne vie autrement. Je mets le « faire » à distance et affirme le « non-faire » pour mieux approcher une autre vérité, celle de l’autre vie, la « contre-vie ». J’essaie de perdre pour trouver.
On pourrait parler d’art conceptuel poétique.
Une posture sensible mais radicale. Ouverte au monde.

« La vie intime mène une vague existence d’ombre tant qu’elle n’est pas transformée ( arrachée au privé, désindividualisée ) en objets dignes de paraître en public.(…) C’est la présence des autres voyant ce que nous voyons, entendant ce que nous entendons, qui nous assure de la réalité du monde et de nous-même. » Hannah Arendt

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La mère et l’enfant

Freud dit du corps maternel qu’ « il n’est point d’autre lieu dont on puisse dire avec autant de certitude qu’on y a déjà été. »
Conjointement fascinée par les madones et enfants et bousculée par la mort de ma mère, j’ai cherché par cette série, à mettre en scène différentes situations de ce rapport avant tout mère-enfant qui répondent aussi en écho aux codes établis dans l’histoire de l’art de la période byzantine à la renaissance.
Les interdits et les libertés évoluent et tout est dans l’impermanence.
Ce que nous croyons vrai aujourd’hui ne le sera plus demain parce que telle ou telle découverte fera que notre vérité changera.
C’est ici par le trouble d’une perception visuelle et mentale pour le spectateur que cette réflexion est mise en évidence .
Cet effet est créé par la juxtaposition, le glissement et la pose de deux images. Pas plus. Pas moins. Car c’est le nombre 2 qui pour moi est essentiel pour bousculer une certitude .
C’est ce nombre qui permet une vérité et une contre-vérité.
J’ai utilisé des photos réalisées par moi-même et certaines récupérées dans des brocantes : le lien de transmission pour que l’histoire se poursuive.
Celle entre autre de Roland Barthes lorsqu’il écrit :
« au fond, la photographie est subversive, non lorsqu’elle effraie, révulse, ou même stigmatise, mais lorsqu’elle est pensive. »

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