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Michaël Relave

Œuvre originale « The Katz » – Michaël Relave – Peinture d’Art Contemporain

2280,00

1 en stock

Œuvre originale délivrée avec un certificat d’authenticité en 100 x 81 cm

Acrylique

2015

Peinture d’art contemporain

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Par Denys-Louis Colaux

« Les œuvres très singulières et captivantes de Michael Relave ont à voir avec des mythologies imaginaires, vaguement inspirées peut-être par des divinités indiennes, asiatiques, africaines ou australiennes, des dessins alchimiques, des icônes et des images pieuses. Elles s’inventent dans des parentés disparates pour fonder un imagier essentiellement imparti à la célébration de la femme, de la rotondité et de la fécondité. La femme comme délicieux nombril du monde. La femme comme garantie d’un monde vivant et viable. La célébration de la femme radieuse parmi la prolifération de ses outils métaphysiques, splendide au cœur de ses floraisons sublimes de seins ou de fleurs métonymiques du sexe féminin. Mais aussi, l’œuvre, qui chante la fécondité, exalte, dans un bel imagier, paisible et proliférant, les associations d’images et formes phalliques (tours, reptiles), la célébration de l’appariement (couple d’oiseaux superbes) et celle de la fertilité féminine, aérienne, représentée par exemple, par un superbe oiseau femelle portant un enfant à bout de bras. Là aussi, dans le dépassement des frontières, humanité et animalité se conjoignent ou se réconcilient. C’est là que s’origine sans doute cette représentation de la sphinge (créature féminine hybride entre l’être et l’animal, l’aérien et le terrestre) qui présente un arbre de vie devant un crâne, exacerbation de cette idée de la femme qui affirme la vie contre les signes de la mort, la floraison nouvelle par-dessus la décrépitude.

Dans l’univers de Michael Relave, la femme est le guide, elle incarne la lumière, la chaleur, la sécurité, l’avenir. La femme comme porteuse et prophétesse de vie. La femme encore, comme ange, fantôme, sœur des oiseaux et des fleurs superbes, esprit : de la bouche du poète enlisé dans son rêve jaillit, comme de la lampe d’Aladin, le génie féminin qui entre en vol dans le monde phallique et règne paisiblement, assurément sur lui. Les images se succèdent où la femme est déesse de la nature, enceinte et portant un jeune arbre florissant, développant elle-même un réseau de racines, trouvant d’étranges prolongements sous la forme de merveilleux oiseaux femelles, une femme qui peut être à la fois aquatique et céleste. C’en est fini, chez lui, de cette conception de la femme comme être de terre. Bien sûr, elle reste le terreau de l’humanité, mais elle en est aussi l’astre, le regard, l’étoile, le soleil sans doute, le sang et l’essence.

Dans son univers, l’homme et la femme s’entendent, s’aiment, s’adressent des regards énamourés, entourent le magnifique fruit de leur union, enfant oiseau, ravi parmi les fleurs, les algues et les queues de fauves unies au ballet de la flore. L’œuvre rêve d’une relation poétique à la nature, d’une relation esthète, l’œuvre ranime les vapeurs d’une vision édénique relue à la lumière de la femme. L’œuvre danse sur le thème du règne de la femme.

Il y a là, poétique et poignant, le chant de l’harmonie, quelque chose qui me ramène aux impressions émues que j’éprouvais en lisant le Cantique des Cantiques. Plus loin, des floralies luxuriantes, sous la main ouverte et nantie d’un œil d’une divinité féminine, jouent le grand ballet nuptial du phallique et du sinusoïdal sous la bienveillante sauvegarde de la femme. La cosmogonie humaine est revue et corrigée : son système tourne autour d’un soleil féminin.

Il y a dans cette œuvre une ouverture culturelle au monde, à la diversité, à l’histoire, à une dimension spirituelle et poétique. Il s’agit d’un univers plein, rempli, prolifique et, pour l’attester, l’œuvre occupe l’espace, la sature de présence. Il y a là comme l’aspiration à un monde sans trou, sans gouffre, un monde comblé. Quand les couleurs se font une place dans l’œuvre, elles sont à la fête, elles chantent, elles s’affirment dans la vivacité, la luminosité et la joie et elles reflètent aussi cette double dimension du charnel et du céleste. Ces couleurs rallument en moi le souvenir du kaléidoscope de l’enfance et de ces essaims de lumières vives qui tournoyaient miraculeusement au fond de mon œil. Ces créations ont un hiératisme sacré en même temps qu’une grâce ondulante et arrondie, elles semblent issues de très loin dans le passé et sont pourtant d’une jeunesse et d’une fraîcheur touchantes, elles opèrent une fusion envoûtante entre le profane et le sacré, l’ancien et le récent, le proche et le lointain. Comme l’écrivain américain H.P. Lovecraft s’inventait une affreuse et obsédante mythologie de l’innommable, comme lui, avec la même conviction, mais à rebours, Relave fonde une merveilleuse mythologie féminine gouvernant un monde paisible, coloré, parfumé, énamouré, une correction poétique de la trajectoire des astres et des divinités. Naïveté ? Oh, tout doux, même si c’était la candeur, il conviendrait d’admirer la chandelle délicate et multicolore, résolument contemporaine qu’un poète imagine devant le désastre d’un monde mené par des gens sensés, par des hommes savants et catastrophiques. J’aime l’œuvre de Relave. Elle est le beau Réveil, devant un monde pratiquement désaffecté, d’une nostalgie du beau, du doux, du vivant, de l’aimable, de l’équilibré. D’une nostalgie ? Pas vraiment, d’une invention plutôt. Car devant l’échec d’un univers masculin, l’imagier philogyne de l’artiste se fonde dans le vœu supérieur d’un poète inspiré et que je relaie avec affection et estime ! Ce vœu ? Celui d’un monde qui respire et est respirable, qui enchante et est enchanté. Oui, le vœu superbe de réenchanter le monde.

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