Catherine Perrier

Tirage illimité « Ma cuisine avec Marguerite » 3 – Catherine Perrier

50,00

Édition illimitée

2010

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Un aperçu des différents formats

Les cadres en option

L’immensité intime

« En ayant un demi-centimètre de quelque chose, vous avez plus de chance de tenir un certain sentiment de l’univers que si vous avez la prétention de faire le ciel entier. » Alberto Giacometti

Ma démarche se présente sous formes sérielles de petits formats ( chaque série est un roman, chaque tableau est une page ) et présente aussi parfois des images presque miniatures amenant le spectateur à rentrer dans l’oeuvre, tout comme Alice traversant le miroir. C’est en creusant dans l’intime qu’il élargit son champ de liberté.
Pour ouvrir cette sphère, c’est le réel que j’interroge.
Et mon réel est matérialisé par les images qui nous entourent. Je me suis donc faite glaneuse, guetteuse, voleuse, joueuse… d’images.
Images rêvées, prises, volées, ramassées, cueillies, agencées comme le fait un écrivain avec les mots. Je deviens alors écrivain d’images.
Des images qui glissent, se tissent, se choquent, s’entrechoquent juste assez pour que la question et l’émotion se posent.
Pour que ce que l’on croit perdu se reconstruise dans un mouvement perpétuel par nos pensées et nos regards croisés dans des mises en scène où l’ombre et la lumière sont à la fois des révélateurs et des perturbateurs de sens.
L’ombre agit comme évidence et questionnement du double.
En utilisant des images déjà existantes, je redonne vie autrement. Je mets le « faire » à distance et affirme le « non-faire » pour mieux approcher une autre vérité, celle de l’autre vie, la « contre-vie ». J’essaie de perdre pour trouver.
On pourrait parler d’art conceptuel poétique.
Une posture sensible mais radicale. Ouverte au monde.

« La vie intime mène une vague existence d’ombre tant qu’elle n’est pas transformée ( arrachée au privé, désindividualisée ) en objets dignes de paraître en public.(…) C’est la présence des autres voyant ce que nous voyons, entendant ce que nous entendons, qui nous assure de la réalité du monde et de nous-même. » Hannah Arendt

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Ma cuisine avec Marguerite

Ce travail est une mise en relation entre des photographies d’aliments que j’ai laissés pourrir dans mon réfrigérateur et des textes d’un livre de recettes de cuisine de Marguerite Duras.
Logiquement, le lent processus de décomposition des aliments mène à la transformation d’un « objet à manger » à un « objet à jeter ».
Ici, il devient un « objet à méditer ».
Il passe d’un état de déchet à un sujet d’émerveillement.
Il y a finalement peu d’écart entre la moisissure et le sublime.
La littérature de M. Duras est à considérer comme aliment mental.
De l’association de l’image et du texte, grâce au vide installé entre les deux, naît alors un trouble visuel et mental:
Si l’on veut lire la recette, on est obligé de se tenir très près de l’œuvre. L’ombre portée des mots sur l’image en accentue la difficulté de lecture.
L’œuvre interroge donc le réel.
Le réel n’est-il pas ici entre les choses, dans le paradoxe même créé entre l’image et le texte, entre une décadence esthétique et des mots à savourer ?

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