– JÜNE –

Regard

« Naitre en bord de mer, qu’on le veuille ou non, ça compte.

C’est pas mieux, c’est pas moins bien, c’est juste l’habitude des marées : parfois ça monte, parfois ça redescend.
Sorte de Vénus lagomorphe échouée près de Marseille dans les années 80 – on ne donnera pas ici son âge -, June s’installe à Lyon une vingtaine d’années plus tard pour parfaire à l’école Emile Cohl son obsession à dessiner des lapines. Fixation précoce sur Lewis Caroll ou exorcisation de ses grandes oreilles et de ses dents du bonheur, après tout qu’importe, ce qui compte plutôt comme l’a dit un stagiaire en journalisme couvrant l’une de ses expositions, c’est qu’elle apprend là son art de « traiter l’individu en tant que lapin ».

Mais si c’est en province que poussent les racines, c’est à Paris qu’on vend les fleurs. Elle y bat donc le pavé une bonne partie des années 10, élargissant le panel de ses pratiques et de son savoir-faire dans la publicité. Pour capitale que soit cette expérience, l’air pur et l’herbe verte y font défaut. Elle amorce donc son reflux et la voici maintenant revenue dans une banlieue lyonnaise, cultivant ses commandes, ses courgettes et sa coupe de cheveux. »

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